1947 … / … 2015

Petite étude comparative des activités dans le département des Vosges entre les années 1947 expliquées et commentées dans l’ouvrage de JJ Martin le « Livre d’Or » des vosgiens intitulé Nos Vosges (dont la liste est précisée ci-après) et ces mêmes secteurs d’activités vus en 2015.

Le bois.
Fabrication de couverts de table.
Villes d’eaux.
Pommes de terre et fécule.
Industrie fromagère.
Le granit vosgien.
La lutherie.
Le meuble.
La papeterie.
L’industrie textile.

Avant-propos.
La filière-bois, c’est un secteur que je connaissais relativement bien, mon job m’ayant permis de rencontrer nombre de ses acteurs, au lendemain de la tornade du 26 décembre 1999 qui réduisit quantité d’arbres en chablis et allumettes.

Mon entreprise voulant se montrer partenaire engagé (je veux dire par là pas que pour l’article dans le journal, la photo en Une et bye bye), on me confia, avec l’appui d’un jeune ingénieur de l’ENSTIB, la tâche de développer des méthodes de stockage des bois (ce qui apparaissait la priorité absolue entre autres pour « SélectionVosges » groupement des plus grosses scieries vosgiennes) puis celle de réduire les coûts énergétiques dans ces entreprises de sciage ou de transformation du bois. Par ailleurs, je développai l’idée de sécher le bois au moyen de pompes à chaleur, si possible développées localement. C’est ainsi que je rencontrai des chefs d’entreprises, des chercheurs, des techniciens, dont je me nourrissais pour acquérir quelques connaissances dans un domaine de moi inconnu : le bois, ses essences, ses divers stades de transformation, de valorisation et d’optimisation industrielle, ses débouchés. Riche de cet enseignement grappillé auprès des plus compétents et après quelques stages, je proposai en retour des solutions techniques, des adaptations procédurales, des stratégies. J’avais aussi en « portefeuille » les universités avec leurs labos expérimentaux ce qui me permis là encore de me perfectionner et croiser mes informations entre les différents acteurs des diverses filières industrielles et leurs problèmatiques. Quand on me confia en plus le secteur textile (qui n’allait pas bien non plus) j’y vis des similitudes. Si l’on m’avait confié le secteur de la papeterie et du carton en plus, j’aurai réuni les trois secteurs les plus voisins dans l’industrie lorraine, les plus inquiétés par les turbulences de la mondialisation, les plus désireux de solutions, de techniques novatrices, de performance. Le Pôle Fibres, labellisé pôle de compétitivité en 2005, a pour vocation de faire émerger des activités novatrices à forte valeur technologique, des procédés ou produits, et organiser les mutations industrielles dans les secteurs traditionnels du textile, du papier et du bois … J’étais au carrefour de ces secteurs … j’héritai alors de la grande D et de la PQR …

Ceci, non pour retracer un bout de ma carrière dont tout le monde se fout, et c’est justice, mais pour introduire ce qui va suivre à savoir l’étude non exhaustive comme on dit en conférence, une ébauche comparative de secteurs d’activité départementaux que j’ai un jour fréquenté. Qu ‘étaient-ils en 1947 lors de la parution du bouquin, comment ont-ils évolué, qu’en reste-t-il … commençons par ma filière de prédilection, celle du bois.

La filière-bois

scierie germain mougenot saulxures sur moselotteSelon le livre d’or des vosgiens, le département produisait 500 000 m³ de bois d’œuvre, 350 000 destiné au chauffage encore très répandu . Il y avait 250 scieries qui employaient seulement 85 directeurs et chefs de chantiers … 945 ouvriers professionnels et 1000 ouvriers, soit un peu plus de 2000 emplois. Autant que de chevaux pour débarder ! Il y avait 500 camions utilisés par la profession. Le département se situait à la troisième place nationale derrière les Landes et la Gironde. Il comptait pour 20 % de la production française.
Que sont devenues les 250 scieries ? Il n’en demeure que 73 dont 18 grandes, pas très grandes comme les concurrentes allemandes, elles sont à la taille du département, aujourd’hui le premier producteur de bois d’œuvre. Ces 18 scieries traitent 250 000 m³ à elles seules. Les chevaux et nombre de bûcherons ont disparu pour faire place à des engins sophistiqués et performants capables d’évoluer sur pratiquement tous les terrains, d’abattre, ébrancher, couper à longueur et empiler un sapin de 30 mètres en quelques minutes … Chaque année sont récoltés 1 600 000 m³ répartis à 60 % en résineux et 40 % en feuillus. Cela nourrit 1800 ouvriers de scieries, 840 entreprises de travaux forestiers employant 1700 techniciens soit au total pas loin de 1500 entreprises pour plus de 13 200 emplois parmi lesquels il ne faut pas oublier les panneautiers, les entreprises de recyclage, d’emballage, de chauffage et de trituration. C’est une filière en pleine mutation technologique confrontée à un marché international difficile et un marché intérieur encore trop dépendant du secteur de la construction.

La fabrication de couverts.

couverts darneySi les quatre centres de production de couverts que sont Bussang, Uzemain, Darney et Fontenoy-le-Château occupaient 800 ouvriers en 1875, on n’en compte plus guère que 250 en 1947. Ces pôles vosgiens n’ont rien à envier à leur homologues français ou étrangers, plus particulièrement belges et allemands. La forte concurrence de ces pays contraignent nos artisans à se réorienter aussi optèrent-ils pour des productions plus luxueuses dégageant plus de marge. Pour autant, ils ne délaissent pas une production de masse répondant aux premiers besoins au sortir de la guerre. Mais entre le couvert de lux et le couvert étamé, une troisième voie se fait jour et remporte tous les suffrages et bientôt remplace l’un et l’autre : l’inoxydable …
J’ai parcourus ces villes, je peux assurer que le couvert, a l’exception de Darney, a totalement disparu du paysage vosgien. Aucun souvenir à Fontenoy-le-Château, pas plus de l’usine Pottecher à Bussang, première à appliquer la journée de huit heures de travail, ce qui valu à son patron, petit fils du fondateur, le surnom de « patron rouge ». L’atelier de Uzemain ferma en 1960. Il ne demeure que 13 employés à Darney, pour une production haut de gamme.

Les eaux médicinales.

On vient de le voir, Bussang à perdu une activité industrielle, début XX me. Il lui restait pour autant ses sources … dont on parlait déjà aux temps moyenâgeux. Trois sources, « Salmade », « Marie » et « des demoiselles » Fer, arsenic et manganèse, la providence des anémiques ! Selon la faculté, excellente contre la diarrhée infantile … elle augmente l’appétit mais aussi, par son action diurétique, l’élimination des toxiques.
Des mises en conformité, suspension d’autorisation d’exploitation des sources fin des années 60, suivis de travaux d’assainissement demandés par la préfecture en 70 n’évitèrent pas la réapparition d’E Coli au niveau de la buvette et de l’embouteillage. Suspension d’exploitation le 25 juin 1971, début de la fin. Le coup final fut porté par l’URSSAF réclamant des arriérés conséquents en 1980 puis 1982. La société est mise en faillite et cesse son activité définitivement en mars 1983.

Contrexéville.

Recommandée aux nerveux, aux surmenés, l’eau ramène au buveur le sommeil, après une cure de 21 ou 25 jours … de repos dans de nombreux hôtels. Côté thérapie, c’est conseillé pour traiter les voies urinaires, les troubles rénaux, hépatiques, etc … les états de débilité aussi !
Aujourd’hui, 90 personnes travaillent à produire 600 millions de bouteilles. Le curiste a le choix entre trois formules prises en charge par la sécu, 18 jours, jusqu’à 78 soins … et en sus pour les insatisfaits, chaque jour un bain, un massage, une douche, une séance d’aquagym pendant 6 jours pour seulement 350€.

Plombières les bains.

plombièresSituée dans la vallée de l’Eaugronne, à 486 mètres d’altitude, bien pourvue en hôtels tous standings, c’est assurément une cure thermale et de grand air …
27 sources ! 1 000 000 litres/jour d’eau entre 18 et 80° qui alimentent les établissements « grands thermes », « bain national », « bain Stanislas » ou encore « bain romain » sous forme de bains (!), douches, cataplasmes, inhalations ou encore injections vaginales … Elles agissent sur les affections stomacales, intestinales jusqu’à combatte les hémorroïdes. Elles sont aussi très efficaces contre les rhumatismes.
En 2015, une cure de 21 jours vous aidera si vous souffrez de troubles digestifs ou de rhumatismes. Elle peut s’accompagner de soins en balnéo avec véritable étuve romaine garantie d’époque, céramiques chaudes, trombes d’eau d’époque plus récente mais pas mieux conservées, jacuzzi aux vermicelles de chez Royco, espace détente. Si la ville se targue de compter au rang de ses illustres visiteurs, Montaigne, Joséphine, Musset ou encore Berlioz, il faut constater que la tristesse a envahie les rues aux façades défraîchies ornées de mille balcons rouillés comme les vieux rhumatisants déambulant entre deux verres.

Vittel.

vittelDéjà en 1947, la station était mondialement connue et présentait l’originalité d’être totalement séparée de la ville et de former une cité indépendante, avec galerie, hôtels, villas dans un vaste parc avec étang, golf, champ de courses, terrain d’aviation, de polo, etc …Un modèle de station pour des clients arthritiques et … fortunés. Trois sources et un casino pour, selon l’expression du moment « soigner, distraire, guérir »
Aujourd’hui ça n’a pas tellement changé. Les clients viennent au club-med, se baladent à vélo ou à cheval entre deux parcours de golf et finissent la soirée au casino. Entre temps ils prennent les eaux, se font masser, huiler, bronzer, doucher, déboucher, tripoter et papotent en comptant leurs sous. La ville plébéienne s’est approchée du havre de la bien portance, les thermes se sont enfermés derrière des lunettes de snob, des clôtures et des barrières …

Bains-les-bains.

Curieusement absente dans l’almanach de 1947, la station de 2015 jouit d’un vaste parc autour d’une ville fantôme. On y propose 4 ou 6 soins. Je ne recommanderai pas cet endroit aux déprimés qui trouveraient le « paradis naturel des vallées, lacs et forêts » plus que calme … mortel. 18 jours de cure pour les rhumatisants, déficients respiratoire et autres malades du cœur, des artères, du cerveau ou des ovaires. On comprendra pourquoi l’allure générale, l’entrain et l’ambiance de la ville profitent et séduisent les passionnés de slow, les fans de Frank Michael.

La pomme de terre et la fécule.

La patate était connue dès 1665 dans les Vosges, soit un siècle avant que ce bon Parmentierféculerie n’en orne la boutonnière de Louis XVI le mal fini. C’était une grande production locale à l’origine de nombreuses féculeries exploitées par les agriculteurs eux-même qui y traitaient leur propre production ainsi que celles des voisins. Si le sieur Boucher a comptabilisé 293 féculeries en 1864, leur nombre était déjà réduit à 200 deux ans plus tard. En 1947 elles ne sont plus que 45, dont 29 coopératives.
On nous précise qu’avant guerre, c’étaient pas moins de 100 000 quintaux de fécule obtenus à partir de 60 000 tonnes de pommes de terre qui étaient produits à destination des industries papetière, alimentaire, textile, etc … Optimiste, le rédacteur tablait sur une amélioration normale et une reprise du commerce d’autrefois pour permettre à l’industrie féculière de maintenir son activité de naguère.
En 2015, la production de pommes de terre féculière en France est d’environ 1 MT essentiellement destinée à l’industrie papetière (75%) et à l’agro-alimentaire. Dans les Vosges, l’après guerre a vu le déclin inexorable de cette industrie qui proposait de trop petites unités de fabrication incapables de se restructurer pour atteindre une taille critique. Quelques rares moulins persistent et s’obstinent dans un artisanat bientôt folklorique avant de sombrer. Le moulin de Gentrey, pour l’exemple, situé sur le Coney, entre Harsault et Thunimont fermera ses portes en 1967. Il est devenu, par la volonté du maire de la commune des Voivres, un écomusée témoin de son passé.
Quand à la culture de la pomme de terre, si, non loin du moulin de Gentrey on en fait un large commerce, la plus grosse quantité vendue provient … des pays de l’Europe de l’Est.

L’industrie fromagère.

fromage hautes vosges1947, la région agricole et industrielle a beaucoup souffert du conflit et se relève de ses ruines. Le cheptel fut enlevé par l’ennemi, massacré, et de nombreuses fermes détruites. Des 18 500 vaches laitières de la zone du munster, il en reste à peine 800. Pourtant, 80 fromageries dont une quinzaine en coopérative, traitent environ 200 000 litres de lait quotidiennement. La production est essentiellement consommée localement, le surplus géré par le Ravitaillement Général.
A la lecture de la liste des producteurs fromagers (1051C), on pourrait penser qu’un autre conflit à anéanti ce qui restait de le production fromagère car on y lit que 9 noms. Certes les leaders sont bien présents, que ce soit Bongrain Gérard ou L’Ermitage mais ils ne sont plus en montagne, ils préfères la plaine. On ne fait plus que ramasser le lait autour de la fromagerie de Xertigny où la première transformation n’emploie plus que 34 personnes … Fini la petite exploitation, la ferme de montagne qui entretenait le paysage de nos vallées où des parisiens en short venaient camper. Tout se referme sous la poussée inexorable des noisetiers, bouleaux et autres sorbiers. Le rare agriculteur doit lutter chaque fromage de chevre artisanaljour pour quelques bêtes dont on ne lui donnera pour le lait ou la viande, que de quoi pleurer. Seuls les combattants convaincus continuent à entretenir un maigre cheptel dont il tire le lait bientôt transformé en fromages (au prix d’investissements conséquents dans un labo et sous le joug des contrôles sanitaires abusifs) et qui vend la viande sans intermédiaire à quelques clients ravis et fidèles. Petits jeux, petits profits, mais la liberté. Pour tous les autres, c’est bientôt la contrainte bancaire, le sacrifice ultime au prétexte habile mis en avant par les intermédiaires et distributeurs : l’Europe a toujours payé les paysans, qu’elle continue, nous on se fout qu’ils crèvent pourvu qu’on continue à gagner des pépettes, du fric plein nos comptes en Suisse … le lait on peut très bien le faire venir de Pologne et le porc de Slovénie. Si la France veut conserver son agriculture, que l’Europe paye !

J’ai regardé dernièrement « l’empire des Rastelli », je vous le recommande (c’est dispo en streaming) Rastelli dit : « si un patron a une dette de 10 000 €, c’est son problème; si elle est de 100 000 € c’est celui de la banque; à partir de 1 000 000 € c’est le problème de l’État » Je crains fort que les intermédiaires, les patrons des grands groupes de distribution n’aient vu ce film …

Le granit.

carrière de julienruptJe lis donc que l’industrie du granit n’est pas seulement une richesse pour les Hautes-Vosges, c’est aussi un joyau ! Bien, mais alors où se trouve ce joyau ? Il a été repéré entre Vagney et la Bresse. La roche extraite des carrières n’est pas seulement destinée à devenir pavé, bordure de trottoir mais aussi monument mortuaire ou commémoratif. On y exploite un granit « gris noir » très foncé et un « gris clair » …
Qu’ont-ils fait de ce joyau incomparable, de cette richesse pour les Hautes-Vosges ?
En 2015, il ne restent pratiquement plus de carrières exploitées, ni de marbriers, souvent d’origine italienne. On ne scie plus de granit à Saint-Amé, on fait quelques pavés à Saulxures-sur-Moselotte. La production ornementale est quasi nulle. L’arrivée des produits d’Asie a ruiné la profession qui ne compte plus que 18 marbriers dans le département. Pour parachever le tout, les gens ont de plus en plus tendance à préférer la crémation à l’enterrement … moins d’enterrements, moins de monuments mortuaires … quand aux urnes, elles sont chinoises, comme le reste.

La lutherie.

En 1947, Mirecourt est un centre renommé de la lutherie. On dit que tous les luthiers, à peu d’exceptions, sont de Mirecourt ou ont débuté ici.
En 2015, ça n’a pas changé. L’école nationale de lutherie forme chaque année de 7 à 10 artisans, celle de JJ Pagès en accueille 5.
La lutherie de Mirecourt, c’est aussi anecdotique que l’andouille du Val d’Ajol et ça occupe moins de monde …

L’industrie du meuble.

roitel liffolAu lendemain du conflit, à l’heure du bilan, il fallu se résigner : on ne fabriquerait plus de meubles du côté de Gérardmer avant longtemps ! Restait l’ouest du département, Neufchâteau et surtout Liffol-le-Grand. Là-bas, plusieurs centaines d’ateliers artisanaux, 80 fabriques occupent 2500 personnes et consomment 30 000 m³ de bois/an essentiellement hêtre et chêne.
Aujourd’hui on constate aisément que l’artisanat du meuble et de l’ébénisterie géromois ne s’est pas relevé et a totalement disparu. La production s’est centralisée sur l’ouest, la plaine. On y trouve tous les niveaux de gammes, allant du traditionnel au meuble de style ou rustique. En 2012 on comptait encore 2800 emplois pour 600 entreprises qui traversaient une grave crise conjoncturelle qui en laisserait pas mal à terre. En trois ans, 800 personnes ont perdu leur emploi.

L’industrie papetière.

machine-à-papier-500x332L’industrie papetière dans les Vosges, c’est une longue histoire. Elle remonte à 1492 pour le site de Arches, 1478 et 1590 pour ceux de Docelles …
En 1947 on fabrique du papier journal, papier de lux, papier d’impression, d’écriture, cahier etc … C’est malgré tout une industrie très lourdement touchée par la guerre et fortement sinistrée qui tente de se reconsolider.
On peut penser que l’objectif est atteint car aujourd’hui les Vosges est le premier département papetier avec 40 établissements, 3750 emplois, produisant 1,3 MT de papier et/ou carton /an

L’industrie textile.

tissage hautes vosgesEn 1938, nous informe-t-on, filatures et tissages occupaient 36 000 personnes dont la moitié de femmes. La filature comptait 2 270 000 broches et 56 000 métiers s’alignaient dans les tissages. On y travaillait essentiellement du coton importé d’Amérique ou d’Égypte.
En 1944, le nombre de broches avait fondu à 260 000 et seuls restaient 10 000 métiers à tisser. Trois ans plus tard, la production atteint 55 % de ses capacités du fait du manque d’énergie (électrique ou hydraulique), de la pénurie de certains produits et surtout par défaut de main-d’œuvre qualifiée victime de déportations massives.
70 ans plus tard, le secteur fleuron de la région malgré son caractère paternaliste, local, social, rétrograde qui perdura jusqu’aux années 70, le textile va mal, très mal. Une tempête venue d’Asie déversa à nos frontières au début 2008 tant de produits made-in china, pakistan, india … qu’ils submergèrent et engloutirent les usines françaises qui, bien qu’averties … n’étaient pas prêtes, commençaient à peine à chercher, à innover, à développer des produits originaux, novateurs, techniques, susceptibles de leur assurer un Airbus d’avance. Restent aujourd’hui à peine 3400 personnes soit 90 % de perte …
La création en 2011 du CéTéLor, au sein d’UHP, à Nancy, est une réponse bien tardive qui ne permettra pas de regagner de l’emploi, à peine quelques parts de marcher dans quelques niches. L’invasion de nos magasins de vêtements, de marque ou non, par des produits réalisés à l’autre bout du monde par des enfants, ou dans des conditions d’exploitation honteuses et inhumaines pour le compte de sociétés n’ayant de conscience qu’après 3, 6 ou 9 zéros avant la virgule, ne cessera hélas qu’au prix d’une guerre que nous avons toutes les chances et raisons de perdre.

Les vrais, les seuls vainqueurs seront comme toujours ceux qui dominent le monde du haut du 969 ème étage de la tour de verre, du côté des courbes tracées sur écrans géants, de l’argent placé, déplacé, remplacé, de la spéculation, de la confrontation armée si nécessaire, pourvu que ça rapporte …

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