Colporteurs, perles et château

Sous la plume de Félix CHERIER, dans le livre consacré aux Vosges et vosgiens « Nos Vosges », on découvre quelques anecdotes et exposés succincts d’événements aujourd’hui méconnus ou oubliés. Il nous invite tout d’abord à suivre les pas des colporteurs, puis à plonger dans le Neuné et enfin à lever les yeux vers le château d’Épinal. Suivons-le

Les colpoteurs

La plupart des propriétaires de « bazars » du Nord et de l’Est de la France, écrit-il, sont des vosgiens, presque tous descendant de Gruey-lès-Surrance. Ils commencèrent à colporter puis vendre en voiture, des articles de fer-blanc fabriqués dans la Vôge. Quand aux habitants de Bazoille-sur-Meuse, ils quittaient leur village après les dernières récoltes et partaient colporter, jadis, qui des livres et de la papeterie, qui de la mercerie. De Chamagne, les chamanons parcouraient les campagnes pour y vendre les naïves images colorées qui s’appelaient alors les «le-passage-de-la-beresina feuilles de saints ». Ce faisant, ils contribuèrent grandement à vulgariser l’épopée de Napoléon Ier, plus que ne le firent elles-mêmes les Campagnes impériales. Ce sont eux qui assurèrent le succès des images napoléoniennes de Pellerin aujourd’hui connues sous le nom d’ « images d’Épinal »

Des perles rares

Dans le Neuné, affluent de la Vologne, était la « Mulette élancée » que l’on nommait également huître d’eau douce. Ce mollusque de 11×5 cm vivait environ 80 ans dans des eaux pures et produisait des perles que l’on péchait sous le regard averti du Garde-Perle. Ces perles blanches, roses, jaunes ou roussâtres étaient jadis réservées au seul duc de Lorraine. La femme du duc Léopold Ier et la Princesse Charlotte, abbesse à Remiremont possédaient, dit-on, les plus jolis colliers composés par ces joyaux. L’Impératrice Joséphine, en cure à Plombières-les-bains reçu de ces perles et ordonna qu’on en peupla les pièces d’eau de la Malmaison. En 1828, il s’en trouvait si peu qu’on ne pu monter seulement un bracelet pour satisfaire la duchesse d’Angoulême …

Le château

Certains historiens ont prétendu que le château d’Épinal existait déjà au temps des Vandales, qui le détruisirent en 406. Reconstruit à partir de 431 par Ambro, fils de Clodion le Chevelu, il sera à nouveau détruit en 636 par les Barbares. Relevé de ses ruines, il fut saccagé par les saxons en 882. C’est sur ces ruines que fut édifiée la forteresse féodale. Le château d’Épinal n’en avait pas fini avec les démolitions. Il fut détruit durant la guerre de trente ans sur ordre de Louis XIV. Ses ruines furent bientôt envahies par les ronces et la végétation jusqu’au moment où elles furent vendues comme « biens nationaux » au Releveur Général des Finances Doublat qui les aménagea et fit relever le mur d’enceinte.vestiges-chateau--ville-d-epinal
Félix CHEVRIER se plaît à rappeler tout particulièrement pour le « Livre d’Or » de la terre vosgienne, un fait peu ou pas connu des spinaliens : l’histoire comique du dernier siège du château. C’était au début de janvier 1814, pendant la première « Campagne de France ». 2000 Cosaques venant de Remiremont se heurtent dans les environs de Igney à une colonne française venant de Nancy. Après de furieux combats, les Cosaques sont refoulés vers Épinal. Les troupes françaises furent obligées de se replier sur Nancy pour éviter l’armée du Prince Royal de Wurtemberg positionnée sur son flanc. Le Prince entra dans la cité à la tête de ses troupes et ordonna sur le champ qu’on prit d’assaut le château.
M Doublat avait fait ériger, lors de l’aménagement du site, une petite colonne au pied de laquelle furent placés deux petits canons de bronze, des boulets de pierre, une cuirasse du XVIe siècle et un casque. L’artillerie wurtembergeoise pratiqua une brèche dans le nouveau mur par où les assaillants se répandirent pour s’emparer du château. Les petits canons, et pour cause, ne répliquèrent pas. La troupe redescendit, triomphale, sous le sourire narquois des spinaliens qui, eux, savaient à quoi s’en tenir sur cet exploit …

Sélection_001Un peu plus tard, en 1842, fut démolie la si fameuse « Porte de l’Ouest » des fortifications d’Épinal. C’était une haute tour carrée ménagée de meurtrières et portant l’écusson des armes de France que le roi Charles VII y fit incruster en 1444 quand la ville se donna à la France.
La municipalité avait fait placer une horloge au sommet de la tour, mais, par malchance, jamais cette horloge ne donna l’heure exacte ; aussi les spinaliens l’appelèrent-ils le Boudiou, terme patois qui signifie le menteur. Voilà pourquoi l’horloge d’abord, puis la tour et enfin la rue, le pont et le quartier lui-même s’appelèrent le Boudiou, quartier qui était en face du faubourg des Capucins, devenu depuis le quai des Bons-Enfants

L’horloge du Boudiou aujourd’hui exposée au musée d’Épinal


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