Les vingt ans de Félix Chevrier

Les vingt ans de Félix, ou le temps des engagements décisifs

 

Mars 1907, un vent frais glace les voyageurs venus attendre le train du matin pour Paris. Cécile se tient droite, massive dans le veuvage noir de sa pèlerine nouée au cou, son chapeau relevé sur un chignon serré que maintiennent peignes et épingles, et son parapluie à la main. De temps en temps son regard plonge sur la gauche, vers la clé d’or et Saint Antoine, guettant l’arrivée du train fumant, crachant et grinçant sur les rails luisants. Elle serre dans sa main la menotte de la petite Marcelle qui, sage, ne bronche pas à ses côtés. Derrière elles, Louise la bru, la mère de la petite Marcelle, tient la petite Germaine pressée sur sa poitrine. Plus loin, appuyé contre un chariot de marchandises, son fils Émile discute avec ses collègues de la gare d’Épinal, observant d’un œil distrait et machinal les lents mouvements des locomotives manœuvrant devant la halle et la rotonde. Un train de marchandises recule vers le heurtoir en bout de quai, guidé par le balancement cadencé du drapeau rouge agité par l’employé monté sur le marche-pied du dernier wagon. Bientôt il sautera sur le côté du convoi pour signaler au mécanicien de stopper, ira éteindre la flamme de la lampe à carbure, roulera le drapeau sous son bras, se glissera sous les tampons pour libérer la locomotive et s’en ira manœuvrer l’aiguille après que, soufflant sur son passage, le monstre d’acier se sera éloigné, le saluant d’un bref coup de sifflet. Émile ajuste sa casquette, jette son mégot sur la voie et s’approche de sa mère, lui dit que le train est annoncé à Dinozé. Il se penche vers Marcelle, soulève sa petite fille, la serre contre lui. Il lui adresse ses dernières recommandations, être sage avec Mémère, ne pas la quitter jusqu’à l’arrivée à Paris. Elle sera bien soignée et son oncle Félix veillera sur elle comme sur sa propre fille. Tout ira bien. Il caresse son visage de ses gros doigts calleux, dépose un baiser appuyé sur la joue de l’enfant. Cécile l’observe, sévère, le regard sombre. « A-t-il bien besoin de s’apitoyer ainsi? » pense-t-elle … Un grand fracas de ferraille gémissante, tremblante et vibrante remplit soudain le silence et chacun s’éloigne de la voie de crainte d’être happé et dévoré au passage du convoi. Marcelle se cache dans les pans épais de la pèlerine noire, effrayée par l’énorme carcasse de feu et de fer entraînant en chapelet des voitures et wagons verts dans son sillage. Sous la verrière du quai, les voyageurs disparaissent dans l’épaisse fumée blanche cependant qu’un long cri strident s’élève et s’envole après qu’un claquement métallique résonne en écho. Le train pour Paris s’immobilise, les portières rebondissent, des soldats sautent sur le quai. Cécile cherche son fils Émile des yeux et l’aperçoit plus loin, se tenant sur le marche-pied de l’avant dernière voiture. Il est monté et a déjà déposé la lourde valise de sa mère dans le porte-bagages. Cécile avance d’un petit pas pressé et décidé, tirant derrière elle l’enfant qui observe tout ce chambardement. La vieille femme engoncée dans ses sombres habits, Marcelle à main droite, son parapluie et un panier de victuailles dans l’autre, elle a bien du mal à se hisser par l’étroite portière. Émile l’aide à franchir le seuil, indiquant le deuxième compartiment à la mère puis descend sur le quai, se saisit de Marcelle comme d’un pantin et ne la lâche que devant la banquette de moleskine où Cécile s’est laissée choir. Il embrasse sa mère et sa fille et se sauve. Marcelle se tourne vers la fenêtre, devine à travers le carreau sale le visage de sa mère qui reste sur le quai, debout, tendue sur la pointe des pieds pour entrevoir sa petite Marcelle qui va bien lui manquer. Le contrôleur ferme les portières et le chef de gare annonce d’une voix grave : le train pour Paris, en voiture …< Un coup de sifflet et voilà la voiture de troisième classe qui s’ébranle, la gare qui se met à bouger, les hautes portes et les fenêtres qui défilent devant les yeux étonnés de l’enfant, puis ce sont des wagons de marchandises, des locomotives sous le réservoir, des cheminots qui font de larges signes d’au revoir ou ignorent le grondement des wagons sur le rail. Restée debout, Marcelle, ballottée et secouée par le tangage et les mouvements saccadés transmis par la puissante machine libérant toute sa force est obligée de se tenir aux montants de bois, à la cloison jaune et verte pour ne pas basculer et perdre l’équilibre dans un enfer retentissant d’une lutte entre l’acier et la vapeur, du choc sur l’enclume des rails du fer de cent mille chevaux lancés vers Paris.

Mars 1907, un vent frais glace les voyageurs venus attendre le train du matin pour Paris. Cécile se tient droite, massive dans le veuvage noir de sa pèlerine nouée au cou, son chapeau relevé sur un chignon serré que maintiennent peignes et épingles, et son parapluie à la main. De temps en temps son regard plonge sur la gauche, vers la clé d’or et Saint Antoine, guettant l’arrivée du train fumant, crachant et grinçant sur les rails luisants. Elle serre dans sa main la menotte de la petite Marcelle qui, sage, ne bronche pas à ses côtés. Derrière elles, Louise la bru, la mère de la petite Marcelle, tient la petite Germaine pressée sur sa poitrine. Plus loin, appuyé contre un chariot de marchandises, son fils Émile discute avec ses collègues de la gare d’Épinal, observant d’un œil distrait et machinal les lents mouvements des locomotives manœuvrant devant la halle et la rotonde. Un train de marchandises recule vers le heurtoir en bout de quai, guidé par le balancement cadencé du drapeau rouge agité par l’employé monté sur le marche-pied du dernier wagon. Bientôt il sautera sur le côté du convoi pour signaler au mécanicien de stopper, ira éteindre la flamme de la lampe à carbure, roulera le drapeau sous son bras, se glissera sous les tampons pour libérer la locomotive et s’en ira manœuvrer l’aiguille après que, soufflant sur son passage, le monstre d’acier se sera éloigné, le saluant d’un bref coup de sifflet. Émile ajuste sa casquette, jette son mégot sur la voie et s’approche de sa mère, lui dit que le train est annoncé à Dinozé. Il se penche vers Marcelle, soulève sa petite fille, la serre contre lui. Il lui adresse ses dernières recommandations, être sage avec Mémère, ne pas la quitter jusqu’à l’arrivée à Paris. Elle sera bien soignée et son oncle Félix veillera sur elle comme sur sa propre fille. Tout ira bien. Il caresse son visage de ses gros doigts calleux, dépose un baiser appuyé sur la joue de l’enfant. Cécile l’observe, sévère, le regard sombre. « A-t-il bien besoin de s’apitoyer ainsi? » pense-t-elle … Un grand fracas de ferraille gémissante, tremblante et vibrante remplit soudain le silence et chacun s’éloigne de la voie de crainte d’être happé et dévoré au passage du convoi. Marcelle se cache dans les pans épais de la pèlerine noire, effrayée par l’énorme carcasse de feu et de fer entraînant en chapelet des voitures et wagons verts dans son sillage. Sous la verrière du quai, les voyageurs disparaissent dans l’épaisse fumée blanche cependant qu’un long cri strident s’élève et s’envole après qu’un claquement métallique résonne en écho. Le train pour Paris s’immobilise, les portières rebondissent, des soldats sautent sur le quai. Cécile cherche son fils Émile des yeux et l’aperçoit plus loin, se tenant sur le marche-pied de l’avant dernière voiture.

Il est monté et a déjà déposé la lourde valise de sa mère dans le porte-bagages. Cécile avance d’un petit pas pressé et décidé, tirant derrière elle l’enfant qui observe tout ce chambardement. La vieille femme engoncée dans ses sombres habits , Marcelle à main droite, son parapluie et un panier de victuailles dans l’autre, elle a bien du mal à se hisser par l’étroite portière. Émile l’aide à franchir le seuil, indiquant le deuxième compartiment à la mère puis descend sur le quai, se saisit de Marcelle comme d’un pantin et ne la lâche que devant la banquette de moleskine où Cécile s’est laissée choir. Il embrasse sa mère et sa fille et se sauve. Marcelle se tourne vers la fenêtre, devine à travers le carreau sale le visage de sa mère qui reste sur le quai, debout, tendue sur la pointe des pieds pour entrevoir sa petite Marcelle qui va bien lui manquer. Le contrôleur ferme les portières et le chef de gare annonce d’une voix grave : le train pour Paris, en voiture … Un coup de sifflet et voilà la voiture de troisième classe qui s’ébranle, la gare qui se met à bouger, les hautes portes et les fenêtres qui défilent devant les yeux étonnés de l’enfant, puis ce sont des wagons de marchandises, des locomotives sous le réservoir, des cheminots qui font de larges signes d’au revoir ou ignorent le grondement des wagons sur le rail. Restée debout, Marcelle, ballottée et secouée par le tangage et les mouvements saccadés transmis par la puissante machine libérant toute sa force est obligée de se tenir aux montants de bois, à la cloison jaune et verte pour ne pas basculer et perdre l’équilibre dans un enfer retentissant d’une lutte entre l’acier et la vapeur, du choc sur l’enclume des rails du fer de cent mille chevaux lancés vers Paris.

Bien des heures et des endormissements plus tard, après un déjeuner de lard et d’œufs durs arrosé de kéfir, le soleil commence à basculer derrière les pentes bariolées des toits parisiens. Depuis longtemps, Marcelle observe les villas posées en bordure de la voie ferrée, les hauts murs salis de suie sur lesquels sont peints en grandes lettres les noms de certaines villes, les portiques métalliques qui se multiplient, les tunnels qui se suivent, les cheminées qui se dressent au loin et la foule sur les ponts qui grossit à mesure qu’elle approche de la capitale.

Félix Chevrier n’a pas encore 23 ans, il avance d’un bon pas, mains dans les poches, traverse la place pavée où se rangent les omnibus qui desservent le Trocadéro, lève les yeux vers la demi-rosace pour lire l’heure sur l’énorme pendule flanquée des sculptures de la Seine et du Rhin. Décidément il ne saura jamais identifier l’une et l’autre des représentations de Brian. Ça va, pense-t-il en poussant la haute porte de la gare de l’Est, puis, toujours mains dans les poches, il parcourt le hall où une population bigarrée se croise, s’emmêle, s’interpelle ou s’invective tandis qu’il la laisse derrière lui et débouche sous la verrière donnant sur les voies. Il est rassuré, il va bientôt pouvoir serrer dans ses bras sa mère et sa nièce Marcelle. Il cherche des yeux l’horloge suspendue, il est parfaitement à l’heure. Devant lui, la porte d’un bureau aux vitres occultées par des rideaux plissés blancs. En son centre un écriteau « bagages-réclamations » et lui revient alors le souvenir intact de l’affaire horrible qu’il suivit dans les journaux un mois plus tôt. C’est là-bas, songe-t-il, à la consigne à bagages que fut retrouvé le corps sans vie de la petite Marthe Erbelding. Il connaît tout de l’histoire. Albert Soleilland, ouvrier dans un atelier de confection de sièges de voitures, un ami du couple Erbelding. Il a accompagné la fillette au Ba Ta Clan alors que sa mère, pauvre Juliette, ne pouvait y aller, retenue par des travaux urgents à terminer pour son patron. Il aurait déclaré que la fillette avait disparu après l’entracte … Mais ce n’est pas au Ba Ta Clan qu’ils iront. Il avoue enfin, le jour de l’enterrement de la fillette. Il a étranglé l’enfant, chez lui, au n° 133 de la rue de Charonne. C’est le 14 février, une foule, estimée entre cinquante et cent mille personnes suit le cercueil ainsi que six chars couverts des bouquets et couronnes offerts par des anonymes … Félix tremble à l’évocation de la tragédie, fait quelques pas au milieu de badauds et de cheminots siffloteurs se dirigeant mollement vers le quai où est attendu le train. Il relève son col pour se protéger des courants d’air qui balayent les quais. Il jette un coup d’œil rapide vers la rue d’Alsace. La pluie des premiers mois de l’année a enfin laissé place au ciel pâle de fin d’hiver. Contrexéville, la ville d’eau vosgienne n’a plus les pieds dans l’eau, cette idée suffit à le faire sourire. Là bas, au bout du quai, se tortillant comme pour se frayer un chemin dans l’écheveau métallique, le long et poussif serpent mécanique approche. Tout un branle-bas de chariots, de porteurs ou de mécaniciens, de lampistes et de curieux se met en mouvement alors qu’on entend un long sifflement lâché par une locomotive au loin auquel semblent répondre deux coups brefs échappés d’une machine à l’autre bout de la gare.

ce monstre qui fait trembler le sol et vibrer l’air à son passage

Félix approche sur le quai, il ne voit pas son ami Jacques Lantier qui le croise, œil sévère et poings serrés, la locomotive retient toute son attention. L’étudiant en technologie admire ce monstre qui fait trembler le sol et vibrer l’air à son passage. Le mécanicien, les lunettes sur le front, la casquette en arrière, amène son convoi avec une précision d’expert puis l’immobilise. Les hautes roues se bloquent, les bielles se paralysent, les pistons se taisent, la cheminée laisse échapper un dernier panache. Félix ne peut s’empêcher de poser un œil sur la machine encore suante, ses tubulures comme des nerfs à vif, ses manivelles comme autant de muscles de nouveau prêts à l’effort. Il salue au passage d’un geste amical le mécanicien qui en descend puis observe les voyageurs que les voitures déversent sur le flanc du train et qui se pressent vers la sortie tels des corbeaux derrière les semailles.

Dans quelques heures sa mère, Cécile Chevrier, ainsi que sa nièce Marcelle seront installées chez lui, rue de l’ermitage à Saint Denis où sont fabriquées les Delaunay-Belleville, voitures françaises de luxe que Bonot et sa bande préféreront entre toutes. Il logera également au 23 rue Dezobry. Il ne le sait pas encore, mais ils vont vivre presque cinq années ensemble. Félix va se partager entre ses activités à la Bourse du Travail, ses cours du soir, son engagement politique, un service, parfois de nuit au Palais, des examens et le dévouement sans faille à sa famille et en premier lieu à Marcelle, sa jeune nièce. Peut-être, à peine la fillette arrivée, lui a-t-il fait découvrir quelques lointains pays exposés dès juin 1907 à Vincennes pour l’exposition coloniale. Elle sera scolarisée à Saint Denis, face au square des Gaules avec sa statue de Vercingétorix. L’actuel collège Pierre Greyter est sans doute l’école dont elle parle sur une carte … En février 1908, après un examen, elle monte de classe et entre en sixième ce qui lui vaudra de nombreux cadeaux telle une carte d’écolière ou encore un cahier et un crayon, un porte-plume et Blanche lui offrira une ardoise et un crayon à ardoise, mais aussi un petit piano, des cartes de laine à canevas, du canevas et des chiffons de soie de l’atelier … Comme le fait remarquer Félix, elle la gâte trop. Félix écrit à son frère Émile, que sa petite Marcelle est très intelligente, sa maîtresse est très contente de son travail, elle aura un prix et sera inscrite au « Tableau d’Honneur ». Malgré ses soins, Marcelle grandit beaucoup et reboîte un peu. Elle a parfois mal à la jambe alors sa grand-mère la lui frictionne avec du salicylate de méthyle. Elle passe parfois ses vacances à Saint Denis, sur le bord du canal ou à festonner un mouchoir à son frère Robert que Félix promet de porter en allant dans les Vosges. C’est une enfant espiègle que la grand-mère menace de ne plus aller voir si elle est encore méchante ! Mais vite elle précise « si elle est gentille j’irai ». C’est que Cécile a des principes, ceux des gens de son temps, des paysans du dix-neuvième siècle. Elle sait faire remarquer à son fils qu’il prend bien des liberté à l’appeler « Madame Chevier » alors qu’elle est pour tous et surtout pour elle-même Madame veuve Chevrier, ce qui n’est pas exactement la même chose … Cependant, la grand-mère ne reste pas les deux pieds dans le même sabot dans cette ville démesurée. Elle occupe sa solitude d’activités maîtrisées aussi sollicite-t-elle parfois sa bru afin qu’elle lui envoie des écheveaux de coton (du 16 et du 18) pour quelque broderie ou canevas, elle va au marché et prépare les repas. Sans doute va-t-elle chercher Marcelle à la sortie de l’école. Comment cette vieille femme de 58 ans, née à Bruyères, village vosgien sur la route de Saint Dié, une femme ordinaire de la campagne vosgienne, robuste, charpentée, et sans culture reçu-t-elle le changement radical de vie, passant d’une ingrate petite préfecture à la grande capitale et ses rythmes et rites incomparables ? Après Saint Denis, de 1911 au début 1915, Félix et Cécile habitent 8 rue Doudeauville à Paris, dans le dix-huitième arrondissement, dans le quartier populaire de la Goutte d’Or. Je ne suis pas certain que Marcelle ne soit pas retournée chez ses parents, au 18 rue d’Olima à Épinal, durant cette période. De même je ne peux assurer que Cécile fût bien à cette adresse qui ne put être que postale. N’écrit-elle pas le 24 janvier 1911 de faire livrer certaines marchandises chez madame Poirson 60 rue de Paris à Saint Denis où elle se rend régulièrement … De plus, le 12 octobre 1912, Félix épouse Blanche Verdeaux qu’il connaît depuis déjà quelques années puisqu’elle a apporté un joli collier de perles et des flacons d’odeur à Marcelle dès 1907 … En août 1913, il adresse une carte à sa mère qui est à Épinal, avec Marcelle « Pelote »: Chère maman. Il ne faut pas oublier qu’il faut venir dimanche faire à déjeuner à Blanche et à Mme Poirson. On vous attend !

Derrière les larges zones d’ombre qui demeurent aujourd’hui on aperçoit un homme tout entier dévoué. Dévouement à sa famille on l’a vu, à sa profession avec son activité syndicale, à ses convictions.

En 1904 il n’a que vingt ans lorsqu’il crée l’association Les Vosgiens de Paris appelée communément Vosgiens Républicains dont le premier Président sera le célèbre linguiste et futur doyen de l’université de Paris : Ferdinand Brunot. Puis, en 1906, il fonde à Saint-Denis le Syndicat des chauffeurs-mécaniciens. Il s’élève au plus haut niveau parmi les militants syndicalistes français jusqu’à organiser, en 1910, le grand arrêt de travail des secteurs électriques qui touche toute la capitale. Ce n’est pas une activité dénuée de risques si l’on se souvient comment fût réprimée, le 31 juillet 1908, une banale manifestation de solidarité avec les terrassiers en grève. Une charge terrible, monstrueuse de dragons qui tirèrent dans la foule et firent quatre morts et plus de deux cents blessés dont Rirette Maîtrejean future compagne de Victor Serge (lire ou relire « la mémoire des vaincus » de Michel Ragon). Félix se lance aussi en politique, il rejoint les rangs du Parti Républicain-Socialiste de Briant, Viviani et Poittevin où son sens du compromis lamène rapidement à la Présidence de la commission des litiges.

Qu’en disait, qu’en pensait Cécile, comment Marcelle voyait-elle cet oncle, jeune, omniprésent, courant sur tous les fronts ? Aucun commentaire n’est venu jusqu’ici, pas une allusion à ses activités tant syndicales, politiques que professionnelles. Tout juste peut-on lire, en 1919 : Je suis débordé de travail et mon associé et moi n’arrivons pas à nous déblayer le chemin …

 

cécile et marcelle st denis
Photo de classe avec Cécile, la grand-mère et Marcelle, la nièce de Félix Chevrier. Saint Denis, septembre 1907
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