« le Vosgien », son journal

changement de une aout 29 Le Vosgien
« Le Vosgien » est un journal mensuel régionaliste paraissant dès janvier 1927, le 15 du mois, on s’y abonne pour 8 F/an
Son rédacteur en chef est Martin de Briey, 17 rue de la Folie-Régnault
Félix Chevrier est directeur-administrateur
René Martin, dit (à partir de 1926) Martin de Briey, est un homme de lettres et un journaliste de tendance nationaliste et catholique, né à Mirecourt. En 1938, il a quitté le journalisme qui ne lui permet pas de nourrir sa famille pour devenir agent d’assurance à Nancy.
En 1940, il se réfugie à Bordeaux puis, en août, il revient en Lorraine pour écrire à L’Écho de Nancy, journal créé par les Allemands à la place de L’Est Républicain. En août 1945, il est arrêté, condamné à mort pour collaboration, puis gracié tout en restant emprisonné.
« le Vosgien » est à l’origine un journal d’informations destiné aux associations des vosgiens de Paris avant d’en devenir « l’organe officiel » en août 1929. A cette même date il change de Une et le nom de Martin de Briey est gommé alors qu’un service de la publicité fait son apparition. … On supposera que « Le Vosgien » s’est séparé de Martin de Briey.

Le journal est édité dans un format quotidien, 560 mm x 380 mm, double pages.

une du numero un janvier 1927
Premier numéro du journal, janvier 1927 Une manchette arrondie comme les ballons vosgiens, deux « oreilles » dessinées pour deux paysages typiques. Trois « sous-tribubes » se partagent le « ventre »

Martin de Briey et Félix Chevrier signent conjointement la première chronique du premier numéro en janvier 1927 :
Ce journal est une œuvre
Nous l’avons fondé avec la plus haute approbation et l’appui confiant des personnes les plus autorisées de la Colonie vosgienne de Paris, d’abord pour servir d’organe commun et de bulletin officiel à nos associations originaires du département, ensuite pour réaliser une pensée qui fut la pensée de Jules Méline.
Son rêve eut été de faire des Vosgiens, de tous les Vosgiens, sans distinction de rang, de classe, d’opinion, une grande et même famille unie et accordée, de réaliser ce qu’il appelait lui-même « une immense communion des volontés, des esprits et des cœurs » dans l’amour du pays natal et pour la prospérité.
C’est pour servir les Vosges et les Vosgiens, c’est pour vulgariser la pensée de l’union qui anime nos groupes, c’est pour appuyer, accélérer, amplifier leur action, c’est pour amener nos compatriotes habitant Paris, la province et le département à entrer, selon leurs préférences, leur situation, leurs goûts dans la grande famille constituée par l’Association Vosgienne de Paris, l’Union Fraternelle des Vosgiens et les Vosgiens de Paris que nous avons fondé ce journal.

Le lecteur trouvera en page deux quelques nouvelles, souvent tragiques, relatant des faits divers vosgiens ou anecdotes comme le récit de cette vosgienne devenue concierge parisienne, vivant misérablement de mendicité et chez qui, au lendemain de sa mort, le commissaire trouvera plus de 800 000 Francs ! Des annonces, faire-parts concernant les membres des associations, naissances, mariages, nécrologie ou encore des mises à l’honneur, des nominations, le carnet mondain et les rendez-vous, souvent festifs, des associations forment le gros de cette page.

La publicité occupe la troisième page. A l’origine cette page devait être consacrée plus particulièrement « aux nouvelles du pays ». On peut lire dans le numéro un : nos lecteurs trouverons en troisième page, chaque mois, sous cette rubrique seulement amorcée aujourd’hui, le résumé des principaux faits qui se sont passés dans le département au cours du mois écoulé. Le soucis affiché est la relation maintenue avec le département, la région natale : Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, dit-on. C’est une erreur, pas de nouvelles, c’est souvent le commencement de l’indifférence, et bientôt l’oubli.

La page quatre regroupe pêle-mêle article régionaliste et rubriques littéraire, gastronomique, patoisante, etc … comme « les livres à lire » et une particulièrement appréciée, qui prend de plus en plus de place dès mars 1929 : « petite correspondance du vin » par laquelle Félix Chevrier répond aux courriers de lecteurs et où l’on peut apprécier sa haute connaissance et sa maîtrise du sujet œnologique.

La première page est consacrée au grand sujet du mois. Le lecteur parcourra le récit, par exemple, du banquet en l’honneur de Albert Lebrun, Président de la République en présence de plus de neuf cents lorrains de Paris, à la Mutualité, le 26 mars 1933 ou un article de fond sur quelque tradition, la mise à l’honneur d’un vosgien célèbre, personnalité civile ou militaire ou d’un corps de sapeurs-pompiers … Souvent les premières colonnes sont consacrées à ce qu’on nommerait aujourd’hui « la chronique du rédacteur en chef ». Ainsi, en novembre 1933, intitulée « petites lumières dans les ténèbres », Félix Chevrier développe en un long exposé la situation économique et sociale du moment, expression d’une inquiétude bien naturelle relative à l’inquiétant réarmement de l’Allemagne hitlérienne ou, le 2 février 1934 où il dénonce les « chemises brunes et leurs exactions » et revendique la nécessité d’apporter une aide aux réfugiés les plus dépourvus « par soucis d’humanité élémentaire » … on sait comment il y contribuera bientôt.

Félix Chevrier, fondateur du journal en assume la direction et l’administration. Dans le numéro du 15 mai 1928, le lecteur attentif lira dans le compte-rendu de l’Assemblée Générale des Vosgiens Républicains (Les Vosgiens de Paris dits les) parmi les membres du Bureau, le nom de Félix Chevrier suivi de sa qualité, sa profession : publiciste. On supposera que son rôle premier au journal, outre la relation privilégiée avec les présidents des associations d’originaires, est d’assurer la gestion, le secrétariat et optimiser les rentrées d’argents, par les cotisations certes, les dons mais aussi et comme aujourd’hui encore, par la publicité. On ne sera donc pas surpris de trouver, sous le pavé « Service de la Publicité », le numéro de téléphone personnel de Félix Chevrier. Ce même numéro de téléphone « Nord 38-78 » apparaît sur certaines publicités : « nos vignes sur votre table » proposée par le consortium de propriétaires de grands crus de Bourgogne proposant Santenay, Pommard,Meursault, Nuits-Saint Georges, Clos-Vougeot et encore « fines bouteilles, en caisses aux meilleurs prix » pour du Tavel, du Pommard ou du Châteauneuf-du-pape entre autres. Le lecteur remarquera aussi la large place occupée par les annonces de producteurs et/ou marchands de vins … Publiciste, mais aussi représentant de commerce, dépositaire des meilleurs crus.

Le journal paraît tous les 15 du mois mais, dès juillet 1928, ce sera le 5 aussi invite-t-on les correspondants à déposer les articles, bulletins et/ou annonces dès le 25 du mois précédant la parution. A cette même période, la grande famille mutualiste s’est agrandie autour du journal et accueille les Vosgiens de Nancy. Le Vosgien, organe de toutes nos Sociétés d’originaires, deviendra pour nos amis de Nancy ce qu’il est déjà pour l’Association Vosgienne, l’Union Fraternelle, les Vosgiens de Paris, les Vosgiens de Reims, les Anciens du Quinze-deux, les Comptables Vosgiens et même les Vosgiens de Strasbourg. Chacune de ces associations y aura « sa place officielle » et profitera de ses colonnes pour l’insertion de son Bulletin mensuel. Toujours à cette même période, le bulletin d’abonnement est désormais à retourner chez Félix Chevrier, « Le Vosgien, 7, Villa Bocquet, Paris. »

Lorsque paraît le premier numéro du journal « Le Vosgien », Félix Chevrier est déjà reconnu pour son talent de chansonnier, d’auteur de chansons. Le chant des Vosgiens, sur des paroles de Félix Chevrier (musique de Georges Lauweryns) est chanté pour la première fois, le 22 janvier 1927, lors du banquet de l’Association Vosgienne par Jean Pernot, baryton à la Gaité-Lyrique nous informe le journal de juin 1927. Plus de dix années plus tard, en janvier 1938, sera publiée une liste de chansons écrites pas Félix Chevrier : José Janson, le brillant interprète du « pays du sourire » et de l’opérette « Yana » vient d’enregistrer chez Pathé une des dernières chansons de Félix Chevrier « c’est le plus beau chant d’amour » écrit par lui à Château-Lambert et mise en musique par Maestro Georges Lauweryns, premier chef d’orchestre de l’Opéra de Lyon.
Nous profitons de cette occasion pour rappeler à nos lecteurs une liste d’œuvres de Félix Chevrier éditées chez Pathé Frères, étiquettes noires, 15 Francs :
« le chant des vosgiens » et « l’Hymne lorrain » par Véra Peeters
« redis moi toujours » par Ninon Vallin
« Hymne aux vins de France » par Joseph Lanzone
« le chant de la Corse » par Santarelli
« la fille du gai marin » par Pierre Doriaan
et les désopilantes scènes militaires
« les coups de piston de Baluche » et « la canicule » par le troupier Luar

Quoi de mieux, de plus festif, amical que se retrouver autour d’une table pour partager et renforcer l’union et l’amitié entre les membres des différentes associations ? Les colonnes du journal relatent les nombreuses occasions mises à profit pour de joyeuses agapes parisiennes ou encore nancéiennes comme dans le numéro de février 1929. Les parisiens visitent « leurs frères de Nancy » Deux milles personnes assemblées dans la vaste salle du Printania où la mutuelle vosgienne y donnait son grand bal « embelli par la présence de la reine des Vosges, mademoiselle Paulette Blanc et ses demoiselles d’honneur, mesdemoiselles Meny et Marchal. » Avant les festivités, une cérémonie au protocole impressionnant accueille les invités d’honneur. « Vers vingt-deux heures retentit la Marseillaise puis le large chant vosgien de Félix Chevrier, les danses s’interrompent, les autorités se regroupent, une coupe de champagne à la main. La Marseillaise retentit à nouveau pour accueillir le Président de la fête, Monsieur Perpignan et Félix Chevrier qui arrivent de Paris et prennent place à la table d’honneur. L’orchestre attaque avec ampleur le chant des vosgiens de Félix Chevrier et Maître Georges Laurweryns, ce chant est aussitôt repris par un chœur formidable longuement répété par l’assistance … »

Félix Chevrier n’a rien de l’ascète, il partage sa vie dans un monde d’érudits, de savants, d’intellectuels, d’artistes, de passionnés, d’amoureux de la vie et le plus souvent autour d’une bonne table entouré d’une joviale assistance. Il est simple, enjoué, aime le bon et le beau. Le lecteur découvrira régulièrement le portrait des humbles reines des Vosges ou des brimbelles et leurs demoiselles d’honneur « éclairant » les soirées de gala, les bals, les banquets.
Autre belle occasion pour donner une fête, typiquement lorraine à défaut de n’être que vosgienne, la Saint-Nicolas. Jetons un regard sur la fête que donna en décembre 1935 l’Union Fraternelle, relatée dans le numéro de janvier 1936. Dans son discours, le Président Félix Chevrier exprime sa gratitude aux collaborateurs de l’Union Fraternelle pour leur dévouement. Il remercie également pour les dons en jouets, argent, lots pour la tombola « dont la réussite apporte tant de munition à la guerre que nous déclarons à la misère, à la détresse des nôtres ». Il salue la présence de « la reine des brimbelles, mademoiselle Georgette Simon et ses charmantes compagnes, mesdemoiselles Yolande Diolez et Ginette Bajolet (la future reine des brimbelles de Gérardmer, 1936) dont la jeunesse et la grâce éclairent de leurs sourires notre Union Fraternelle ». Puis il termine « malgré la misère qui s’étend sur tant de nos foyers, qui fait de beaucoup d’entre nous des candidats au chômage ou à la faillite, … »

L’invité d’honneur de la grande fête de la mutualité vosgienne de Nancy en janvier 1936 sera le vosgien Tondeur-Scheffler, Consul général de France, Officier de la Légion d’Honneur, président de l’Association Vosgienne de Paris accompagné du Président de l’Union Fraternelle Félix Chevrier. Tous deux sont d’ardents défenseurs et partisans du percement du tunnel de Bussang.
En 1864, le Conseil Général des Vosges se prononce en faveur d’une ligne Mulhouse – Remiremont par le col de Bussang. Après maintes décisions politiques sur le choix du tracé, en juillet 1868 un accord fut trouvé entre l’État et la Compagnie de l’Est. La déclaration d’utilité publique fut signé le 11 juillet 1870. Cependant, le 19 juillet de la même année la France entre en guerre avec la Prusse. A la fin du conflit, l’Alsace devient allemande, le projet est donc gelé.
De l’autre côté des Vosges, la ligne Remiremont – St Maurice fut mise en service le 7 octobre 1879. Le prolongement jusqu’à Bussang sera inauguré en 1891.
En 1918, à la fin de la première guerre mondiale, l’Alsace fut rendue à la France, les pourparlers en vue de la réalisation de la ligne peuvent donc recommencer. Une deuxième déclaration d’utilité publique fut donnée le 2 mars 1920. Le projet prévois de relier Saint-Maurice à Wesserling grâce, entre autres, à un tunnel de 8287m, le plus long de France. Le coût des travaux est estimé à 200 millions de francs français. Les travaux purent enfin commencer en octobre 1932.
En 1935 les travaux furent cependant bloqués, faute d’argent. Le budget n’était pas suffisant et l’État ne voulais plus financer ce projet, notamment à cause d’une mauvaise conjoncture économique du pays mais aussi à cause de la situation géopolitique de l’Europe. A ce moment le tunnel était percé sur 4504m.
(Source: binarimorti.altervista.org)
Félix Chevrier consacrera de longs articles à ce sujet d’avril à juin 1937. Est-ce parce que son père fût de ces mineurs qui percèrent le tunnel de Bruyères qu’il s’y intéressa plus particulièrement ou simplement, et nous le pensons, après une réflexion sur la valeur du projet tant économique que social, toujours est-il qu’il se passionne pour cette ambition technique et humaine. Déjà en 1935 il relate dans les colonnes du journal « Le Vosgien » sa rencontre avec Monsieur Roger Bordier, ingénieur prospecteur, directeur des mines de la Croix pour la Compagnie minière des Vosges. Un passionné qui consacra onze années à prospecter et établir une cartographie précise. Félix Chevrier va compulser durant cinq jours la formidable documentation recueillie puis, accompagné de son guide expert, il ira jusqu’au fond des galeries et puits de mine. Mais il ne se consacre pas uniquement à la mine et au tunnel. Ainsi mentionne-t-il en 1934 « les remarquables études sur les richesses insoupçonnées de la Lorraine et la Franche-Conté en schistes bitumineux pétrolifères, de Monsieur Victor Varrin dans « l’Express de l’Est » (journal collaborationniste jusqu’en mars 1945, il ouvrait ses colonnes entre autres, à Robert Brasillach et vantait les exploits des sous-marins du Reich)( Victor Varrin : Répertoire des mines et gisements de France et de l’Afrique du Nord le sous-sol de la France en 1934, Édition : Paris : Mines, carrières, grandes entreprises , 1934, Éditeur scientifique : Léon Laffitte) Bien des vosgiens ignorent encore que Monsieur Hubert Velin, de Saulxures sur Moselotte, a obtenu le 6 mai dernier (NDR 1934) une concession de 2730 hectares de gisements pétrolifères … Des propos et arguments qui renforçaient son discours d’espoirs d’une reprise économique.

Le petit aide jardinier au Château d’Épinal a beaucoup travaillé depuis son arrivée dans la capitale avec son certificat d’étude comme seul bagage et au fond de lui une envie infinie de découvrir et s’ouvrir à ce monde nouveau. Il a suivi des cours du soir de technologie, est entré dans le syndicat comme d’autres dans les ordres. Son drapeau est celui de la justice, sa foi est en l’Homme, son arme est la connaissance. Il apprend, ensuite il vulgarise. On ne saura sans doute jamais comment il croisa la route de celui qui deviendra son maître : Jean-Maurice Lahy.
Jean-Maurice Lahy (1872 -1943) Chef de travaux (1924) puis directeur (1927) à l’École pratique des hautes études ; professeur à l’Institut de psychologie de l’Université de Paris ; secrétaire général permanent de l’Association internationale de psychotechnique de 1921 à 1943 ; cofondateur de la Revue de la Science du Travail, codirecteur de la revue Le Travail humain.
Raoul Husson (1901-1967)(qui envisageait un travail sur l’économie politique mathématique) est l’assistant de Jean-Maurice Lahy. Félix Chevrier relate, dans les colonnes de son journal en novembre 1935, la publication de Raoul Husson dans le « bulletin de la statistique générale ». Particulièrement remarquable, elle traite de la sélection psychotechnique des travailleurs. Élève du professeur Lahy, qui fût le créateur de cette méthode scientifique, Husson a fait un exposé précis des applications pratiques de la psychotechnique. Mathématicien distingué, le jeune savant vosgien a étudié les données statistiques et les courbes des résultats …

On le savait auteur, il est aussi poète et nous donne une idée de son talent en juin 1937 en publiant « à la gloire du sein »
… Est-il rien de plus beau que le sein d’une femme
Découvert en secret par l’amant ébloui ? …

Le lecteur salivera bien des fois en parcourant les lignes du journal, les cartes des menus proposés lors des banquets et fêtes. Félix Chevrier sillonne les vallées et les cols vosgiens bien des fois, souvent accompagné de journalistes vosgiens et il découvre quelques bonnes adresses qu’il partage et fait connaître. Naturellement il ne se limite pas aux seules enseignes vosgiennes et recommande-t-il aussi bien la cuisine de Monsieur Baugé à Paris que la cristallerie qui propose une nouvelle gamme de verres à vin … Arrêtons-nous avec lui, en août 1931 à Gérardmer et descendons à l’Hôtel de la Paix. Ce n’est pas le secrétaire générale de la propagande vinicole française qui s’attable chez Robert Bastien, c’est un modeste visiteur. Pour vous mettre l’eau à la bouche consultons le menu :
tous les hors-d’œuvre de la Paix
le pâté gérômois à la façon de Bastien
la truite de Moselle au bleu
les asperges d’Alsace à la béarnaise
le poulet aux morilles à la crème de chez nous
les écrevisses de la Jamagne
le gérôme au cumin
la tarte aux brimbelles
le tout arrosé d’un Gewurztraminer 1928 et d’un Monthélie 1921
C’est un devoir pour nous que de recommander cette excellente maison pour sa cuisine exquise, ses vins délectables, sa méticuleuse propreté, et, ce qui ne gâte rien l’avenante courtoisie de ses propriétaires … la modestie de ses additions.

Homme orchestre du journal dont il est tout à la fois le directeur, l’administrateur mais également le publiciste, le rédacteur en chef et premier contributeur, l’attaché commercial, Félix Chevrier est égalemmment critique gastronomique aussi bien que littéraire, politique qu’économique.

bronze de FC janvier 1938En octobre 1937 il est décoré de la légion d’honneur. Ses amis créent « le comité des amis de Félix Chevrier », recueillent des dons employés à la commande d’une réplique en bronze du magnifique buste de leur ami, exécuté par le sculpteur spinalien Henri Guingot.
Ce buste est dés à présent commandé à la fonderie. Il sera fixé sur un socle de granit brut, éclaté, des Vosges.
Nous avons pensé remettre à notre Président ce témoignage de notre amitié lors du banquet de la Saint Nicolas, le dimanche 12 décembre (NDR1937) au Châtelet-Édouard.
Signé : le secrétaire du comité Camille LAINE

Félix Chevrier conta à l’assistance visitée par le bon évêque de Myre, ses souvenirs d’enfance lorsque le Saint se promenait avec son âne du côte du Saut-le-Cerf. Aussi je recevais régulièrement de lui, dès ma tendre enfance, trois oranges, un petit sifflet de terre cuite et son portrait en pain d’épices. Je trouvais tout cela sur une assiette, dès mon réveil, au coin de la cheminée. Quelle joie délirante, à la vue des trésors dont j’étais comblé. A l’age de dix ans, cependant, il m’abandonna …

 

On sait par le courrier que Félix Chevrier adressa à Louis Fretté depuis le Château de Chabannes que « Le Vosgien » cessa d’être en 1941, tué par la guerre dans sa 14è année d’existence …

Il reste encore bien des facettes à éclairer et à révéler, masquées par l’ombre du temps tombée sur ce personnage singulier. Mais Son journal demeurera un immense témoignage de ses talents.

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